Aṅguttara Nikāya

1. L'éveil par soi-même

J'ai entendu qu'en une occasion le Béni du Ciel demeurait près de Savatthi dans le Bosquet de Jeta, le monastère d'Anathapindika. Là il dit aux moines: «O moines, si des vagabonds qui sont membres d'autres écoles devaient vous demander, ‹ Quels sont, mon ami, les prérequis pour le développement des ailes vers l'éveil par soi-même?› comment pourriez-vous leur répondre?»

«Pour nous, seigneur, les enseignements ont le Béni du Ciel pour racine, pour guide, et pour arbitre. Il serait bon que le Béni du Ciel lui-même nous explique le sens de cet énoncé. L'ayant entendu du Béni du Ciel, les moines s'en souviendront.»

«En ce cas, moines, écoutez très attentivement. Je vais parler.»

«Il en ira comme vous le dites, seigneur,» répondirent les moines.

Le Béni du Ciel dit, «Si des vagabonds qui sont membres d'autres écoles devaient vous demander, ‹Quels sont, mon ami, les prérequis pour le développement des ailes vers l'éveil par soi-même?› vous devriez répondre, ‹On a le cas où un moine a d'admirables amis, d'admirables compagnons, d'admirables camarades. Ceci est le premier prérequis pour le développement des ailes vers l'éveil par soi-même.

«‹Qui plus est, le moine est vertueux. Il demeure mesuré en accord avec le Patimokkha, accompli en comportement et sphère d'activité. Il trains lui-même, ayant entrepris les règles de l'entraînement, voyant du danger dans les plus petits défauts. Ceci est le second prérequis pour le développement des ailes vers l'éveil par soi-même.

«‹Qui plus est, il arrive à entendre à volonté, aisément et sans difficulté, un discours qui soit vraiment pondéré et favorable à l'ouverture de la conscience, c'est-à-dire, un discours sur la modestie, sur le contentement, sur l'isolement, sur le pas d'embrouilles, sur le fait de faire surgir la ténacité, sur la vertu, sur la concentration, sur le discernement, sur la libération, et sur la connaissance et la vision de la libération. Ceci est le troisième prérequis pour le développement des ailes vers l'éveil par soi-même.

«‹Qui plus est, il garde sa ténacité éveillée pour abandonner les qualités mentales maladroites et pour acquérir les qualités mentales adroites. Il est ferme, solide en son effort, ne répugnant pas à ses devoirs par rapport aux qualités mentales adroites. Ceci est le quatrième prérequis pour le développement des ailes vers l'éveil par soi-même.

«‹Qui plus est, il est capable de discernement, qu'il soit doté du discernement de la naissance et de la disparition—noble, pénétrant, conduisant à la fin correcte du stress. Ceci est le cinquième prérequis pour le développement des ailes vers l'éveil par soi-même.›

«O moines, quand un moine a d'admirables amis, d'admirables compagnons, d'admirables camarades, on peut s'attendre à ce qu'il soit vertueux, qu'il demeure mesuré en accord avec le Patimokkha, accompli en comportement et sphère d'activité, et s'entraînera lui-même, ayant entrepris les règles de l'entraînement, voyant du danger dans les plus petits défauts.

«Quand un moine a d'admirables amis, d'admirables compagnons, d'admirables camarades, on peut s'attendre à ce qu'il en vienne à entendre à volonté, aisément et sans difficulté, un discours qui soit vraiment pondéré et favorable à l'ouverture de la conscience, c'est-à-dire, un discours sur la modestie, sur le contentement, sur l'isolement, sur le pas d'embrouilles, sur le fait de faire surgir la ténacité, sur la vertu, sur la concentration, sur le discernement, sur la libération, et sur la connaissance et la vision de la libération.

«Quand un moine a d'admirables amis, d'admirables compagnons, d'admirables camarades, on peut s'attendre à ce qu'il garde sa ténacité éveillée pour abandonner les qualités mentales maladroites, et pour acquérir les qualités mentales adroites—ferme, solide en son effort, ne répugnant pas à ses devoirs par rapport aux qualités mentales adroites.

«Quand un moine a d'admirables amis, d'admirables compagnons, d'admirables camarades, on peut s'attendre à ce qu'il ait du discernement, qu'il soit doté du discernement de la naissance et de la disparition—noble, pénétrant, conduisant au terme correct du stress.

«Et qui plus est, ô moines, quand le moine est établi en ces cinq qualités, il y a quatre qualités additionnelles qu'il devrait développer: Il devrait développer [la contemplation de] l'inattrayant de façon à abandonner le désir. Il devrait développer la bonne volonté de façon à abandonner la mauvaise volonté. Il devrait développer l'attention à l'inspiration et à l'expiration de façon à retrancher la pensée de distraction. Il devrait développer la perception de l'inconstance de façon à déraciner la prétention, ‹Je suis.› Pour un moine qui perçoit l'inconstance, la perception du non-soi est affermie. Celui qui perçoit le non-soi atteint le déracinement de la prétention, ‹Je suis›—Libération dans l'ici et maintenant.»