Ekottarāgama

Fascicule septième

L'extinction du feu

3.

«Ainsi ai-je entendu. Une fois quand le Bouddha résidait à Śrāvastī, dans le bois de Jeta, au parc d'Anāthapiṇḍada, il disait aux bhikṣu: Je vais établir deux comparaisons [du comportement humain]: celle avec le comportement du corbeau et celle avec le comportement du cochon. Ecoutez bien et réfléchissez bien. Voici la comparaison de l'homme avec le corbeau:

Celui qui habite dans un lieu calme, cherche souvent à satisfaire ses désirs sexuels, pratique de mauvaises habitudes, puis par pudeur il regrette et cherche une personne respectable pour parler des ses actes indignes. Pourquoi? Parce qu'il est critiqué par des honnêtes gens, et qu'il se repent. C'est comme le corbeau qui a peur de la faim, mange de la chair pourrie, puis il frotte son bec pour l'essuyer parce qu'il a peur que d'autres corbeaux savent qu'il a mangé de la pourriture.

Voici la comparaison de l'homme avec le cochon: Celui qui habite dans un lieu calme, cherche à satisfaire ses désirs sexuels, à pratiquer de mauvaises habitudes, mais il est impudent, il ne regrette pas ce qu'il a fait, au contraire il se vante de son courage, de sa compétence dans la satisfaction des cinq désirs fondamentaux de l'homme. Il se sent supérieur aux autres parce qu'il a eu des plaisirs que d'autres ne connaissent pas. C'est comme le cochon qui mange des aliments malsains, qui se couche sur des saletés, gambade de joie en s'adressant aux autres cochons.

C'est pourquoi, ô bhikṣu, il faut éviter [ces deux comportement]. Vous devez apprendre sérieusement cela.—Ayant entendu ces paroles du Bouddha, les bhikṣu étaient heureux et les mettaient respectueusement en pratique.