Saṃyutta Nikāya

47.20. A Sedaka: (2) La reine de beauté

J'ai entendu qu'à une occasion le Béni du Ciel séjournait chez les Sedaka. Le Béni du Ciel s'y adressa aux moines, «Moines!»

«Oui, monsieur,» répondirent les moines.

Le Béni du Ciel leur dit, «Supposons, moines, qu'une grande foule de gens se rassemblent en disant: ‹La reine de beauté! La reine de beauté!› Et supposons que la reine de beauté soit extrêmement accomplie dans le chant et la danse, de sorte qu'une foule encore plus grande se rassemble, en disant: ‹La reine de beauté chante! La reine de beauté danse!› Alors se pointerait un homme, désireux de vivre et ayant peur de la mort, désireux du plaisir et abhorrant la douleur. Ceux-là lui disent: ‹Regarde un peu ici, bonhomme. Tu vas prendre ce bol rempli à ras bord d'huile, tu vas le porter sur ta tête à travers toute cette foule jusqu'à la reine de beauté. Un homme muni d'une épée levée sera juste derrière et si tu renverses ne fut-ce qu'une goutte d'huile, aussitôt, il te coupera la tête.› Alors, qu'en pensez-vous, moines: Est-ce que cet homme, sans faire attention au bol d'huile, va se laisser distraire par ce qui se passe ailleurs?»

«Certes non, monsieur.»

«Je viens de vous donner une parabole pour vous transmettre une idée. Cette idée est la suivante: Le bol rempli à ras bord d'huile, c'est l'attention immergée dans le corps. Vous devez donc vous entraîner: ‹Nous développerons l'attention immergée dans le corps. Nous la poursuivrons, nous lui tendrons les rènes et la prendrons pour base, lui donneront une fondation, la stabiliserons, la consoliderons et l'entreprendrons bien.› C'est ainsi que vous devez vous entraîner.»