T 1670B Sūtra du Bhikṣu Nāgasena

2.12.

] Le roi demanda encore à Na-sien :

« Qu'est ceci : L'esprit doit réfléchir sur les choses bonnes ? »

Na-sien dit :

« C'est comme un homme qui cueille des fleurs d'espèces rares et les lie ensemble avec un fil : le vent souffle et ne peut les séparer. »

Na-sien dit encore :

« C'est comme le gardien du magasin du roi. Il sait combien le trésor du roi renferme d'or et d'argent, de perles et de jade, de lieou-li [vaiḍūrya] et de pierres précieuses. »

Na-sien dit :

« De même, quand un religieux veut atteindre la Voie, il réfléchit sur les trente-sept catégories de dharma. Voilà précisément ce qu'on appelle réfléchir sur la Voie par laquelle on traverse les existences. Par suite de cette réflexion sur la Voie, l'homme connaît le bien et le mal ; il sait ce qu'il faut et ne faut pas faire ; il distingue le blanc du noir. Ayant réfléchi, il abandonne le mal et s'attache au bien. »

Na-sien dit :

« Par exemple, le portier du roi sait qu'il y a des personnes honorées par le roi, d'autres non honorées ; des personnes utiles au roi, d'autres inutiles. Le portier connaît celles que respecte le roi ou qui lui sont utiles, et les laisse entrer ; il connaît celles que ne respecte pas le roi ou qui lui sont inutiles et ne les laisse pas entrer. »

Na-sien dit :

« De même l'homme maîtrisant fermement son esprit y laisse entrer tout ce qui est bien, n'y laisse pas entrer tout ce qui est mal. C'est ainsi qu'il veille sur son esprit et gouverne sa pensée. »

Na-sien prononça un sūtra, disant :

« L'homme doit veiller lui-même avec fermeté sur son esprit et sur les six passions de son corps. Qu'il maîtrise son esprit, qu'il le surveille avec fermeté, alors viendra pour lui le moment de traverser les existences. »

Le roi dit :

« Excellent ! Excellent ! »