T 1670B Sūtra du Bhikṣu Nāgasena

2.17.

Le roi demanda de nouveau à Na-sien :

«Il y a des hommes qui ne renaîtront pas pour une existence postérieure. Ces hommes peuvent-ils savoir eux-mêmes qu'ils ne renaîtront pas ? »

Na-sien dit :

«Oui, certains hommes peuvent savoir eux-mêmes qu'ils ne renaîtront pas pour une existence postérieure. »

Le roi dit :

« Comment le savent-ils ? »

Na-sien dit :

« Ces hommes savent eux-mêmes qu'ils n'ont ni amour, ni désir, ni aucun des péchés ; par là ils savent eux-mêmes qu'ils ne renaîtront pas pour une existence postérieure. »

Na-sien interrogea le roi :

« Par exemple, un cultivateur laboure, sème des céréales, obtient une abondante moisson, la dépose dans des corbeilles. Il la laisse dans les corbeilles et, l'année suivante, ne laboure plus, ne sème plus, ne compte pour se nourrir que sur les céréales déposées dans ses corbeilles. Ce cultivateur espère-t-il obtenir de nouvelles céréales? »

Le roi dit :

« Ce cultivateur n'a plus rien à espérer. »

Na-sien dit :

« Comment ce cultivateur sait-il qu'il n'obtiendra plus de céréales ? »

Le roi dit :

« Ne labourant ni ne semant plus, ce cultivateur n'a plus rien à espérer. »

Na-sien dit :

« Il en est de même de l'homme qui a atteint la Voie. Il sait par lui-même qu'ayant rejeté l'attachement et la douleur et le plaisir, il n'a plus rien à convoiter ; il sait ainsi qu'il ne renaîtra pas pour une existence postérieure. »

Le roi dit :

« Excellent ! Excellent ! »