T 1670B Sūtra du Bhikṣu Nāgasena

2.2.

Le roi demanda de nouveau :

« Na-sien pourrait-il discuter avec moi sur les points difficiles des sūtras et sur la Voie ? »

Na-sien dit :

« Si le roi m'interroge avec sagesse, nous pourrons discuter ensemble sur les points difficiles ; si le roi s'attache à des idées d'orgueil et de rang, nous ne pourrons discuter sur les points difficiles. »

Le roi interrogea Na-sien, disant :

« Qu'est-ce que converser en sage ? »

Na-sien dit :

« Dans leurs entretiens, les sages se scrutent et s'éclairent mutuellement avec la plus grande ardeur ; si la conversation présente des hauts ou des bas, des victoires ou des défaites, des arguments corrects ou incorrects, ils reconnaissent d'eux-mêmes qu'un tel, oui ou non, est le plus sage. Les sages n'ont que faire de se fâcher. Tels sont les sages. »

Le roi demanda encore à Na-sien :

« Qu'est ce que converser en roi ? »

Na-sien dit :

« Les rois, en conversant, se laissent aller à l'arbitraire ; quiconque ose leur faire opposition, ils le punissent de mort. Ainsi conversent les rois. Les sots, en conversant, sont incapables de reconnaître d'eux-mêmes les succès ou les échecs remportés ou subis au cours de la conversation ; ils sont chicaniers ; ce qu'il leur faut, c'est la victoire. Ainsi conversent les sots. »

Le roi dit :

« Je suis désireux de converser en sage et non en roi ni en sot. Ne me parlez plus avec l'idée que vous vous trouvez en face d'un roi ; parlez-moi comme aux cha-men, comme à vos disciples, comme aux yeou-p'o-sö, comme aux serviteurs des cha-men ; ne nourrissez aucune crainte, assurez parfaitement votre cœur. Il faut que nous nous éclairions l'un l'autre. »

Na-sien dit :

« Fort bien. »