T 1670B Sūtra du Bhikṣu Nāgasena

2.31.

Le roi demanda de nouveau à Na-sien :

« De quel genre est le plaisir [c'est-à-dire le plaisir ou la douleur = la sensation] ? »

Na-sien dit :

« Le plaisir [la sensation] consiste à connaître en s'apercevant. »

Na-sien dit :

« Supposons un homme servant un roi. Cet homme est sage et vertueux ; le roi le gratifie de richesses et de biens. Il reçoit ces biens et les emploie à se divertir, vivant au milieu de ce qu'il désire. Cet homme pense en lui-même : Pour avoir servi le roi, j'ai obtenu une gratification, et maintenant je puis me livrer ainsi à tous les plaisirs. »

Na-sien dit :

« De même un homme dont le cœur pensa vertueusement, dont la bouche parla vertueusement, dont le corps agit vertueusement ; pour avoir ainsi pratiqué la vertu, il obtient après sa mort de naître là-haut au ciel. Parvenu au comble de ses souhaits, jouissant de tous les plaisirs, cet homme pense en lui-même : Quand j'étais dans le monde, mon cœur pensa vertueusement, ma bouche parla vertueusement, mon corps agit vertueusement ; voilà pourquoi je suis parvenu par moi-même à naître en ces lieux, obtenant des plaisirs, d'extrêmes plaisirs. — C'est là : s'apercevoir. »

Le roi dit :

« Excellent ! »