T 1670B Sūtra du Bhikṣu Nāgasena

2.49.

Le roi demanda encore à Na-sien :

« Au fond, est-ce qu'il y a une âme ? »

Na-sien dit :

« Il n'y a pas d'âme. »

Na-sien dit :

« Si par exemple un homme vole les fruits d'un autre, le voleur est-il coupable ? »

Le roi dit :

« Il est coupable. »

Na-sien dit :

« Lorsqu'au début fut planté le plant de l'arbre, il n'y avait pas de fruits. De quoi le voleur doit-il être inculpé ? »

Le roi dit :

« Si l'on n'avait pas planté de plant, quelle cause y aurait-il eu pour l'existence de fruits ? Voilà pourquoi le voleur est inqualifiable. »

Na-sien dit :

« Il en est de même de l'homme. Avec son corps de l'existence présente, il commet des actes bons ou mauvais ; en renaissant pour une existence postérieure, il reçoit un nouveau corps. »

Le roi dit

« Où se trouvent les actes bons ou mauvais commis par l'homme avec cet ancien corps ? »

Na-sien dit :

« Tous les actes bons ou mauvais commis par l'homme le suivent comme l'ombre suit le corps ; en mourant, l'homme ne perd que son corps : il ne perd pas ses actes. C'est comme si l'on allume une flamme pour écrire de nuit; la flamme s'éteint, mais les caractères restent : que la flamme paraisse, elle les crée à nouveau [en les rendant visibles]. C'est ainsi que les actes de l'existence présente restent inaccomplis pour l'existence postérieure, comme si l'on recevait [un nouveau karma en renaissant]. »

Le roi dit :

« Excellent ! Excellent ! »