T 1670B Sūtra du Bhikṣu Nāgasena

2.54.

Le roi demanda encore à Na-sien :

« Est-ce que réellement le Buddha possédait les trente-deux signes et les quatre-vingts sortes de beauté ? son corps était-il tout entier d'une couleur dorée, émettait-il des rayons lumineux ? »

Na-sien dit :

« Le Buddha possédait réellement les trente-deux signes et les quatre-vingts sortes de beauté ; il était entièrement doré et émettait des rayons lumineux. »

Le roi dit :

« Les père et mère du Buddha avaient-ils eux aussi les trente-deux signes et les quatre-vingts sortes de beauté ? leurs corps étaient-ils entièrement dorés et émettaient-ils des rayons lumineux ? »

Na-sien dit :

« Les père et mère du Buddha ne possédaient pas ces signes. »

Le roi dit :

« Si ses père et mère ne les possédèrent pas, le Buddha ne les posséda pas non plus. »

Le roi reprit :

« Les enfants nés de l'homme ressemblent à leurs parents. Si ses père et mère ne possédèrent pas ces signes, le Buddha ne les posséda certainement pas. »

Na-sien dit :

« Quoique ses père et mère n'eussent ni les trente-deux signes, ni les quatre-vingts sortes de beauté, ni le corps doré et lumineux, le Buddha posséda réellement ces signes. »

Na-sien demanda au roi :

« Le roi a-t-il vu des fleurs de lotus ? »

Le roi dit :

« J'en ai vu. »

Na-sien dit :

« Ces fleurs de lotus naissent du sol et croissent dans l'eau boueuse. La couleur en est très belle : est-elle pareille à la couleur de l'eau boueuse ? »

Le roi dit :

« Elle n'est point pareille à la couleur du sol ni a celle de l'eau boueuse. »

Na-sien dit :

« Quoique ses père et mère n'eussent point ces signes, le Buddha les posséda réellement. Le Buddha naquit en ce monde et grandit en ce monde, mais il n'eut pas de ressemblance avec les choses de ce monde. »

Le roi dit :

« Excellent ! Excellent! »