T 1670B Sūtra du Bhikṣu Nāgasena

2.64.

Le roi demanda encore à Na-sien :

« A quelle distance d'ici est le ciel de Fan [Brahmā], le septième ? »

Na-sien dit :

« Très loin. Si l'on faisait tomber du haut du septième ciel de Fan une pierre grande comme le palais du roi, elle ne tomberait sur le sol de ces lieux qu'au bout de six jours. »

Le roi dit :

« Vous autres cha-men dites que lorsqu'on a atteint la Voie de lo-han [arhat] , [il suffit] d'un instant [rapide] comme [le geste] de plier et de redresser le bras, pour s'envoler là-haut au septième ciel de Fan. »

Le roi dit :

« Je ne crois pas cela. Comment parcourir avec une rapidité pareille plusieurs milliers de myriades de dizaines de myriades de li ? »

Na-sien demanda au roi :

« Dans quel pays est né le roi ? »

Le roi dit :

« Je suis né au pays de Ta-ts'in [Orient hellénique] ; le pays s'appelle A-li-san. »

Na-sien demanda au roi :

« A combien de li d'ici est A-li-san ? »

Le roi dit :

« A deux mille yeou-siun [yojana], équivalents à quatre-vingt mille li. »

Na-sien demanda au roi :

« Arriva-t-il parfois [au roi, se trouvant] ici, de penser de loin aux choses de son pays d'origine ? »

Le roi dit :

« Certes. Je ne fais que penser constamment aux choses de mon pays d'origine. »

Na-sien dit :

« Que le roi essaie de penser de nouveau à une chose de son pays d'origine, — à un acte qu'il y commit naguère. »

Le roi dit :

« Je viens d'y penser. »

Na-sien dit :

« Comment, [demanderai-je] à mon tour, le roi a-t-il pu parcourir aussi rapidement quatre-vingt mille li ? »

Le roi dit :

« Excellent ! Excellent ! »