T 1670B Sūtra du Bhikṣu Nāgasena

2.66.

Le roi demanda encore à Na-sien :

« Par combien de choses l'homme apprend-il à connaître la Voie ? »

Na-sien dit :

« On apprend à connaître la Voie par sept choses. Quelles sont les sept ? La première, penser aux choses du bien et du mal ; la deuxième, l'énergie spirituelle ; la troisième, trouver son contentement dans la Voie ; la quatrième, dompter son esprit et faire le bien ; la cinquième, penser à la Voie ; la sixième, unifier sa pensée ; la septième, quoi qu'il puisse se présenter, ne rien haïr ni aimer. »

Le roi demanda encore à Na-sien :

« Est-ce par ces sept choses que l'homme apprend à connaître la Voie ? »

Na-sien dit :

« Ce n'est pas [nécessairement] par toutes ces sept choses au complet que l'on apprend à connaître la Voie. Par la sagesse, le sage discerne le bien du mal ; il les discerne par cette seule chose. »

Le roi demanda encore à Na-sien :

« Si l'on obtient la connaissance [de la Voie, la bodhi,] par une seule chose, pourquoi parler de sept choses ? »

Na-sien demanda au roi :

« Si l'on prend une épée, qu'on la mette dans son fourreau et qu'on l'appuie au mur, l'épée peut-elle trancher quelque chose d'elle-même ? »

Le roi dit :

« Elle ne peut rien trancher. »

Na-sien dit :

« Quoiqu'un homme ait l'esprit éclairé [c'est-à-dire possède la sagesse et pratique le discernement du bien et du mal], il lui faut obtenir ces six [autres choses] ; seul l'ensemble [des sept choses] constitue la connaissance [de la Voie, la bodhi]. »

Le roi dit :

« Excellent ! Excellent ! »