T 1670B Sūtra du Bhikṣu Nāgasena

2.67.

Le roi demanda encore à Na-sien :

« Lequel est le plus grand, du bonheur obtenu par ceux qui font le bien ou du malheur obtenu par ceux qui font le mal ? »

Na-sien dit :

« Le bonheur obtenu en faisant le bien est plus grand ; le malheur obtenu en faisant le mal est plus petit. Ceux qui font le mal se repentent chaque jour de leurs péchés ; c'est pourquoi leurs péchés diminuent de jour en jour. Ceux qui font le bien pensent en eux-mêmes, jour et nuit, [au bonheur qui en résultera pour eux,] et se réjouissent ; c'est pourquoi le bonheur qu'ils obtiennent est plus grand. »

Na-sien dit :

« Jadis, du vivant du Buddha, il y eut dans le pays [où il résidait] un homme mutilé des mains et des pieds, qui prit une fleur de lotus et l'offrit au Buddha. Alors le Buddha dit aux pi-k'ieou [bhikṣu] : Après sa mort, cet enfant mutilé des mains et des pieds, pendant quatre-vingt-onze kie [kalpa], ne retombera ni dans le ni-li [niraya] ni dans les voies des animaux ou des pi-li [preta] ; il obtiendra de naître en haut au ciel ; étant mort en haut au ciel en un âge avancé, il redeviendra homme. Voilà pourquoi je sais que le bonheur obtenu pour avoir fait un petit bien est grand. Quant aux hommes qui font le mal, ils se repentent, et leurs péchés diminuent et s'éteignent de jour en jour, jusqu'à amortissement. Voilà pourquoi je sais que le malheur résultant des péchés commis est petit. »

Le roi dit :

« Excellent ! Excellent ! »