T 1670B Sūtra du Bhikṣu Nāgasena

2.74.

Le roi demanda encore à Na-sien :

« La conscience de l'homme, la sagesse, l'existence spontanée, ces trois choses sont-elles identiques ou chacune est-elle différente ? »

Na-sien dit :

« La conscience de l'homme est ce qui donne naissance à la perception. Par la sagesse, on est éclairé sur la Voie. L'existence spontanée, c'est du vide : [du point de vue de l'existence spontanée,] il n'y a point d'homme. »

Le roi demanda encore à Na-sien :

« Les hommes disent qu'un homme est obtenu [que la personnalité humaine existe]. Qu'est-ce que l'homme obtenu ? Maintenant l'œil voit des formes, l'oreille entend des sons, le nez sent des odeurs, la bouche connaît des saveurs, le corps connaît le rude et le moelleux, l'esprit connaît les choses du bien et du mal. Où l'homme est-il obtenu ? »

Na-sien demanda au roi :

« A supposer [qu'il existe une entité personnelle appelée

« homme », constituée par

« une âme résidant dans le corps », et] que cet

« homme »

puisse voir par les yeux, — si l'on arrache les prunelles, le [champ du] regard sera-t-il reculé et élargi ? Si l'on agrandit les oreilles en les fendant, [le champ de] l'ouïe sera-t-il élargi ? Si l'on agrandit le nez en le coupant, sentira-t-on des odeurs plus nombreuses ? Si l'on agrandit la bouche en la coupant, connaîtra-t-on des saveurs plus nombreuses ? Si l'on dépèce la peau, connaîtra-t-on d'une façon plus étendue le rude et le doux ? Quant à l'esprit, si on l'élimine en l'arrachant, les pensées abondantes seront-elles plus nombreuses ? »

Le roi dit :

« Non point. »