T 1670B Sūtra du Bhikṣu Nāgasena

2.75.

Na-sien dit :

« Ce que fit le Buddha est très difficile. Ce que connut le Buddha est très admirable. »

Le roi demanda encore à Na-sien :

« Que fit-il de très difficile et de très admirable ? »

Na-sien dit :

« Le Buddha fut capable de connaître les choses invisibles dans le ventre de l'homme et de les analyser entièrement. Il fut capable d'analyser les choses de l'œil, les choses de l'oreille, les choses du nez, les choses de la bouche, les choses du corps, les choses de la destruction (?), les choses du doute, les choses de la pensée, les choses de l'âme. »

Na-sien dit :

« Un homme prend de l'eau de mer dans sa bouche. Peut-il reconnaître distinctement, dans l'eau qui est dans sa bouche, l'eau de telle source, de tel cours d'eau, de telle rivière ? »

Le roi dit :

« Toutes ces eaux sont réunies et confondues. Il est difficile de les reconnaître chacune séparément. »

Na-sien dit :

« Ce que fit le Buddha est très difficile. Il put reconnaître séparément la saveur de toutes ces eaux. Or l'eau de mer est une chose visible, et cependant le roi est incapable d'y reconnaître distinctement les eaux de provenance diverse qui la composent. Or l'âme de l'homme est invisible ; à l'intérieur du corps de l'homme, il y a six choses qui ne peuvent être vues. »

Na-sien dit :

« C'est ainsi que le Buddha les analysa : partant des pensées de l'esprit, il les ramena à ce que voit l'œil ; partant des pensées de l'esprit, il les ramena à ce qu'entend l'oreille ; partant des pensées de l'esprit, il les ramena à ce que sent le nez; partant des pensées du cœur, il les ramena aux saveurs connues par la bouche ; partant des pensées de l'esprit, il les ramena à la douleur et au plaisir, au froid et au chaud, au rude et au doux, connus par le corps ; partant des pensées de l'esprit, il les ramena à l'objet [du sens interne]. [Toutes ces choses], le Buddha les connut entièrement et les analysa distinctement. »

Le roi dit :

« Excellent ! Excellent ! »